Posture
Analyser en sociologie et être sociologue n’est pas un exercice facile, se révélant très vite périlleux. Comme nous l’a dit Max Weber le sociologue doit se connaitre lui-même ainsi que le cadre de représentation qui l’agite pour en être conscient et pouvoir s’en extraire plus facilement. Car le but final d’une étude de sociologie est la mise à plat d’une réalité ou d’un système sans jugement aucun, autre que la réalité des faits.
Mais est-ce la meilleurs manière que de s’extraire de la réalité pour l’étudier ? Se vouloir extérieur aux éléments et pour autant les expliquer ? Lors d’une discussion de couloir avec un collègue comme il y en a tant d’autres ce midi, celui-ci m’a posé la question anodine : “Pratiquez-vous l’introspection ? Vous connaissez-vous vous même pour parler des autres”. Hum facile au premier abord : pour être objectif, nous ne devons pas entrer en jeu dans l’analyse, qui scientifiquement doit pouvoir être la même pour différent scientifique… sur le modèle des “sciences durs” que l’on tente de copier.
Mais pourtant, ne serait-il pas bénéfique pour notre discipline de s’inclure dans l’étude afin de montrer l’humanité du sociologue, qui n’est plus là en donneur de leçon mais simplement l’égal de ses semblables avec un peu plus de recul. Personnellement j’observe qu’une posture en recul peut nous faire passer pour hautain et intello’ là où l’on ne fait qu’appliquer une distance avec l’objet, souvent mal comprise. Garder l’équilibre n’est pas chose aisé entre rigueur académique et perception sociale…

