Intelligence artificielle et Liberté
L’homme n’a de cesse de créer un nouvel être à son image quelque soit le moyen. Souvenons nous du récit mythique du Golem qui n’est que de l’argile, ou de Frankenstein. C’est la forme physique qui fut d’abord étudiée par la peinture. Puis la mécanique du corps et son articulation par la médecine. C’est alors au tour de l’intelligence humaine de vouloir être copié.
Turing fonda l’informatique moderne avec le test qui porte son nom : un homme doit pouvoir communiquer verbalement avec un ordinateur à l’aveugle et sans deviner qu’il parle avec un logiciel. Le but de l’intelligence artificielle est ainsi de donner à une machine un raisonnement humain logique. Discuter avec des ingénieurs et des chercheurs en IA fait rapidement apparaître leur croyance en un futur où l’on aura réussi à créer mathématiquement, statistiquement et de manière probabiliste le raisonnement humain. Toute vie doit et sera réduite à une logique rationnelle et technologique.
Ceci étant, la volonté de donner certaines capacités symétrique à la machine s’inverse. La machine réagissant “humainement”, elle peut alors prédire le comportement humain, et cela encore grâce aux capacités de traitement de l’information et de connaissance infinie qu’on lui a adjointe. La question du QUI est évidemment évacué, car les créateurs se cachent derrière leur invention, s’en distanciant, pour que l’on ne puisse voir que la rationnalité pure et abstraite, inévitable de l’évolution technologique.
La logique ainsi en place dans le monde scientifique est de s’en remettre totalement à cet être de logique et de rationalité. Car la technique est toujours rationnelle et pour nous soulager de la surcharge d’information que l’on contribue à créer au quotidien, nous acceptons de remettre entre ses mains ce qui nous est proprement humain : notre capacité de choix.
