Mayotte et sa circulation automobile
Mayotte… ses lagons… ses coraux… son ciel bleu… Paysage de rêve idyllique où il fait bon être touriste.
On m’a récemment raconté plusieurs anecdotes locales liées à la culture du pays. Le nombre d’accidents est par exemple élevé, tout simplement car les conducteurs s’arrêtent n’importe où : quand ils voient un ami passer, ou ont besoin de quelque chose, etc. peu importe que ce soit dans un virage ou autre ! Le deuxième cas concerne toujours la circulation automobile. Dans une voie unique de circulation, si deux voitures se retrouvent nez à nez, il n’est pas rare que cela bloque la circulation… l’un et l’autre des conducteurs étant trop têtus pour laisser passer… et la police d’intervenir au risque d’y passer la journée !
Pourquoi aborder la circulation automobile dans la brousse de Mayotte sur un blog concernant l’innovation et l’utilisateur ?! Pour exactement les même raisons que Bruno Latour quand il nous parle de la ceinture de sécurité qui est une imbrication entre la morale et la technique, entre l’obligation de la mettre et la praticité qu’elle doit avoir.
Après une période où les voitures étaient peu nombreuses, voici qu’on les trouve en grand nombre. Premièrement la population n’a pas eu le temps d’intégrer ces voitures dans leur culture ; la morale des Mahorais ne s’est donc pas encore modifiée pour intégrer la civilisation de la voiture, pour qu’aucun conducteur ne laisse sa voiture au milieu de la route, et qui plus est dans un virage caché par des arbres… Quel est en effet la culture des Mahorais ? A-t-elle à voir avec la civilisation Occidentale ? Pour eux le temps ne signifie rien et un rendez-vous n’a ni caractère obligatoire ni heure fixe ! Le “progrès” a plus ici à voir avec l’imposition d’innovations technologiques, et la culture et la morale de la population de s’adapter et de se modifier unilatéralement !
Deuxièmement, et si ces objets du quotidien n’avaient pas été exportés par nous ? Et si des innovateurs locaux avaient pris en compte la culture locale, trouverions-nous des situations où deux conducteurs se retrouvent face à face, aussi bornés l’un et l’autre ? A coup sûr, un autre “utilisateur-modèle” aurait été inventé qui aurait prévu ce cas de figure… Les routes telles que nous les connaissons auraient pu être différentes. Et la voiture n’aurait finalement pas été la “voiture” !


L’homme n’a de cesse de créer un nouvel être à son image quelque soit le moyen. Souvenons nous du récit mythique du Golem qui n’est que de l’argile, ou de Frankenstein. C’est la forme physique qui fut d’abord étudiée par la peinture. Puis la mécanique du corps et son articulation par la médecine. C’est alors au tour de l’intelligence humaine de vouloir être copié.
Ce film est extraodinaire. Il nous parle de l’homme et de ce qu’il y a de plus animal chez nous. Pose des questions importante comme la valeur du libre arbitre face aux conseils. J’étais donc à le revoir il y a une semaine et à apprécier chacune des scènes, connaissant déjà la suite. Vous souvenez-vous de la sortie de l’hôpital psychiatrique de Kevin Lomax après la mort de sa femme et qu’il comprit enfin que John Milton était son père ? Vous souvenez-vous quand il remonte cette avenue vide, droite, encadré de building de 20 étages et dans laquelle s’engoufre le vent ?